Guide du débutant pour comprendre la course sur route
Résumé :
La course à pied sur route offre une multitude de possibilités et vous pouvez prendre votre temps pour l’apprendre. Ce guide vous aide à comprendre les bases et la raison d’être des différents niveaux d’effort proposés dans les plans d’entraînement. Il explique la structure de ces plans et comment les zones d’entraînement et la récupération peuvent vous aider à optimiser votre progression.
Qu'est-ce que la course sur route ?
La course à pied sur route est l'un des sports les plus faciles à pratiquer. Une bonne paire de chaussures et un endroit où courir suffisent pour commencer. Pas besoin d'abonnement à une salle de sport ni de réservation. Vous pouvez emprunter un parcours familier près de chez vous et profiter de ce moment pour vous, ou retrouver quelqu'un et courir ensemble. La liberté de pouvoir sortir et bouger quand on le souhaite est immense. Vous pouvez courir pour le plaisir, ou vous investir autant que vous le désirez dans l'entraînement. Les deux sont possibles en course à pied sur route.
Il y a encore beaucoup à découvrir une fois que vous aurez commencé. Vous remarquerez peut-être qu'un démarrage en douceur rend la course plus agréable, et vous vous demanderez pourquoi les coureurs expérimentés privilégient autant de séances faciles. Vous pourriez voir une semaine de récupération dans un programme et vous interroger sur la pertinence d'un entraînement plus léger. Ces questions font partie intégrante de l'apprentissage de la course à pied. Ce guide vous aidera à comprendre les principes qui sous-tendent votre pratique, afin que vous puissiez apprécier vos débuts et savoir à quoi vous attendre lorsque vous déciderez d'approfondir vos connaissances.
De quoi avez-vous besoin pour commencer la course à pied sur route ?
L'un des plus grands avantages de la course à pied sur route, c'est qu'elle ne nécessite que peu de matériel pour débuter. Une paire de chaussures confortables et des vêtements amples suffisent pour vos premières sorties. Si vous y prenez goût, vous pourrez explorer bien d'autres possibilités. Certains coureurs aiment partir sans regarder leur montre. D'autres apprécient de suivre leur parcours et d'observer les changements d'une sortie à l'autre. Chacun est libre d'adopter l'une ou l'autre approche avec le sérieux qu'il souhaite.
Chaussures de course :
Choisissez des chaussures confortables et offrant un bon maintien pendant la course. Vos orteils doivent avoir de la place pour bouger et vos talons ne doivent pas glisser ni frotter à chaque foulée. Un magasin spécialisé en course à pied peut vous aider à essayer différentes paires si vous ne savez pas par où commencer. On pourra vous proposer une analyse de votre foulée, qui étudie votre façon de courir. Considérez-la comme un élément de discussion sur le choix de la chaussure idéale, et non comme une promesse qu'un modèle en particulier vous protégera des blessures.Des vêtements confortables pour la course : portez une tenue adaptée à la météo et qui vous permette de courir sans avoir à la réajuster constamment. On a tendance à négliger les chaussettes et les sous-vêtements de course jusqu’à ce qu’une couture commence à frotter en plein effort. Trouver des modèles confortables peut faire une réelle différence lors de vos longues sorties. Au fil de vos courses, vous découvrirez ce qui vous convient le mieux.
Pour suivre votre course :
un chronomètre sur votre téléphone suffit si votre séance prévoit une durée de course déterminée ou des pauses marche planifiées. Une montre de course peut également afficher la distance parcourue et votre allure. Des applications comme Strava vous permettent d'enregistrer vos courses et de vous connecter avec vos amis ou d'autres coureurs. Strava propose aussi des segments, c'est-à-dire des portions de parcours chronométrées que vous pouvez refaire et comparer avec celles d'autres personnes. Si vous aimez la compétition amicale, vous pourriez vous lancer à la conquête d'un KOM ou d'un QOM (Roi ou Reine de la Montagne), récompensant le meilleur temps enregistré sur un segment.Données à analyser plus tard :
De nombreuses montres de course affichent la fréquence cardiaque au poignet et certaines peuvent se connecter à un moniteur de fréquence cardiaque externe. Vous pouvez également visualiser la cadence, c’est-à-dire le nombre de pas effectués par minute. Ces données peuvent s’avérer intéressantes à mesure que votre pratique de la course à pied progresse, mais il est important de les interpréter. Une fréquence cardiaque plus élevée en montée ne signifie pas que vous êtes soudainement moins en forme, et il n’existe pas de cadence idéale que chaque coureur devrait viser.Pour transporter l'essentiel :
Pour une courte sortie près de chez vous, emporter le strict minimum peut suffire. À mesure que vos courses s'allongent, une ceinture ou un gilet de course vous permettra de ranger une boisson et tout autre accessoire utile. Testez-le à l'entraînement pour vérifier son confort pendant la course.
Vous pouvez commencer simplement et laisser votre propre expérience de course vous indiquer ce qui mérite d'être ajouté. Si l'aspect matériel de ce sport vous intéresse, vous pouvez aussi vous y intéresser. Mais vous pouvez tout aussi bien enfiler vos chaussures, oublier les numéros de dossard et simplement profiter de votre course.
Choisissez une distance à parcourir
Il n'est pas nécessaire de choisir la distance de votre course avant votre premier entraînement. Cependant, si vous souhaitez vous fixer un objectif précis, il est utile de savoir vers quoi vous tendez. Chaque distance ci-dessous offre une expérience différente. Choisissez celle qui vous intéresse, puis consultez le guide du débutant pour en savoir plus sur l'entraînement.
Votre premier 5 km
Cinq kilomètres, c'est 3,1 miles. Pour beaucoup, c'est la première distance qu'ils se fixent comme objectif, que ce soit lors d'une compétition ou sur un parcours personnel. Vous pouvez vous y préparer progressivement en alternant courtes courses et marche. Si cela vous semble un bon point de départ, le « Comment débuter la course à pied et se préparer pour son premier 5 km » vous propose un exemple de plan d'entraînement.
Vos premiers 10 km
Dix kilomètres équivalent à 6,2 miles. Vous passerez plus de temps à courir qu'un 5 km, ce qui vous laisse plus de temps pour apprendre à démarrer en douceur et à gérer votre effort. Vous pouvez vous y préparer même si vous n'avez jamais participé à une course de 5 km. Le guide « Course pour débutants : S'entraîner pour son premier 10 km » propose une méthode pour progresser vers la distance complète.
Votre premier semi-marathon
Un semi-marathon se compose de 21,1 kilomètres, soit 13,1 miles. S'y préparer implique de s'entraîner régulièrement sur des distances plus longues et d'apprendre à gérer son effort au fur et à mesure que la durée de l' entraînement augmente. Si cette distance vous intéresse, le guide « Préparer son premier semi-marathon » propose un exemple de plan d'entraînement avec des points de départ adaptés aux coureurs débutants.
Votre premier marathon
Un marathon se déroule sur 42,2 kilomètres, soit 26,2 miles. L'entraînement occupe alors une place plus importante dans votre semaine et les sorties longues vous permettent de peaufiner la stratégie que vous adopterez le jour J. Vous pouvez découvrir ce que représente cet engagement dans le Guide du débutant pour préparer son premier marathon, qui propose différents niveaux de départ en fonction de votre pratique actuelle de la course à pied.
Courir sur route ou sur tapis roulant
À l'extérieur, vous vous déplacez sur le terrain et adaptez votre vitesse aux variations du parcours. Courir en montée sollicite davantage vos jambes pour vous propulser, ce qui peut vous essouffler même en ralentissant. En descente, vos jambes travaillent pour contrôler votre vitesse à chaque impact, augmentant ainsi l'effort de freinage. Les moindres changements ont aussi leur importance. Un trottoir peut être légèrement incliné vers le bord du trottoir ou présenter une légère irrégularité sous vos pieds. Vos pieds et vos muscles des jambes effectuent de petits ajustements pour vous maintenir en équilibre, souvent sans même que vous vous en rendiez compte.
Sur un tapis roulant motorisé, vous choisissez une vitesse et courez au rythme du tapis. Vous supportez toujours votre poids et générez la force nécessaire pour courir. À vitesse constante, les mécanismes de base sont globalement comparables à la course en extérieur. Changer de vitesse est différent. En extérieur, vous accélérez le long de la route, tandis que sur un tapis roulant, vous adaptez votre foulée à la vitesse du tapis. Le tapis et le plateau peuvent également paraître plus souples que le bitume. Si votre objectif est une compétition en extérieur, entraînez-vous régulièrement dehors pour vous familiariser avec le sol. Vous pouvez ensuite utiliser le tapis roulant selon vos disponibilités, notamment en activant l'inclinaison pour les montées.
Comment est structuré l'entraînement à la course à pied ?
Lorsque vous commencerez à consulter des plans d'entraînement, vous remarquerez peut-être que les séances ne se ressemblent pas toutes. Certaines vous invitent à courir à votre rythme, tandis que d'autres prévoient un effort plus intense. Les entraîneurs appellent cette répartition de l'intensité une forme de distribution des efforts. Vous avez peut-être déjà entendu parler de distribution polarisée, pyramidale ou axée sur le seuil. Ces termes décrivent la manière dont les efforts, plus ou moins intenses, sont répartis au cours de l'entraînement d'un coureur. Ils ne vous indiquent pas la distance à parcourir un jour précis et vous n'avez pas besoin d'en choisir une avant de commencer.
Répartition de l'intensité d'entraînement (TID)
Entraînement polarisé et règle 80/20 :
L’entraînement polarisé consiste à privilégier les séances d’entraînement à faible intensité et à en alterner une petite partie à forte intensité, avec peu d’alternances entre les deux. On parle souvent de la règle 80/20, soit environ 80 % d’entraînement à faible intensité et 20 % à forte intensité. Les recherches de Stephen Seiler ont permis de mieux comprendre comment les athlètes d’endurance de haut niveau répartissent leur entraînement, mais leurs routines ne constituent pas un modèle à suivre pour un coureur débutant. Il s’agit d’une description générale, et non d’une consigne impérative : une séance sur cinq doit être intense. Les pourcentages varient également selon la méthode de comptage de l’entraînement. Certaines méthodes classent les séances selon leur objectif principal, tandis que d’autres comptabilisent les minutes passées à chaque intensité. Une séance plus intense comprend généralement des phases de course à faible intensité pendant l’échauffement et la récupération ; ces méthodes ne donneront donc pas forcément la même répartition. Comme l’explique Seiler, c’est finalement la charge d’entraînement qui est polarisée : les séances plus faciles restent faciles et les séances plus intenses sollicitent davantage le coureur. Ses travaux s'appuient sur des athlètes de différents sports d'endurance, souvent de haut niveau ; une approche polarisée ne conviendra donc pas nécessairement à tous les coureurs à chaque étape.Entraînement pyramidal :
cette répartition des efforts tire son nom de sa forme. Si l’on superpose le temps consacré à chaque niveau d’effort, la base de la pyramide est constituée par la plus grande quantité de course facile. La course facile permet de passer plus de temps en mouvement sans que chaque séance ne soit épuisante. Une plus petite quantité est consacrée à une intensité modérée, ce qui permet de s’entraîner à maintenir une allure plus soutenue. La course intense occupe la plus petite place car elle sollicite davantage le corps et nécessite une récupération plus longue. Cette forme illustre l’équilibre des efforts tout au long de l’entraînement : la course facile rend les séances régulières gérables tandis que les efforts plus intenses ajoutent un défi différent.Entraînement axé sur les seuils :
Cette approche privilégie l'entraînement entre le premier et le deuxième seuil lactique. Ces seuils sont identifiés grâce aux variations du lactate sanguin en fonction de l'intensité de l'effort. Aux alentours du premier seuil, le lactate sanguin commence à dépasser son niveau de faible intensité. Aux alentours du deuxième seuil, cette augmentation est plus marquée. La précision de ces seuils dépend en partie de la méthode de test ; ils constituent donc des points de repère utiles plutôt que des changements brusques dans le fonctionnement de votre organisme.Dans une approche axée sur les seuils, la majeure partie de votre entraînement se déroule entre ces deux seuils. Courir près du premier procure une sensation de stabilité, tandis que courir plus près du second exige un effort plus intense et rend la conversation plus difficile. Ces séances vous aident à vous entraîner à maintenir un effort plus soutenu sur la durée. La course facile a toujours sa place dans la semaine, mais vous consacrez une part plus importante de votre entraînement à ces intensités que dans une approche pyramidale ou polarisée.
Ces approches décrivent l'intensité de la course et sa répartition. Il n'existe pas de règle absolue en matière d'entraînement qui impose une seule approche pour toute une période. Tout dépend de l'objectif visé et de l'évolution du plan. Un plan pour un 5 km peut débuter par une progression pyramidale, intégrer du travail au seuil, puis se polariser davantage. Un plan pour un marathon peut commencer par une approche polarisée, puis s'orienter vers un travail au seuil plus poussé à mesure que l'entraînement se précise. La façon dont un plan évolue dans le temps est appelée périodisation. Au lieu d'augmenter progressivement l'effort chaque semaine, l'entraînement adapte ses objectifs à mesure que vous vous rapprochez de votre but.
Périodisation
Phase de base :
C'est souvent à ce stade que les coureurs parlent de développer leur endurance aérobie. Il s'agit de courir régulièrement à une intensité que vous pouvez gérer, en laissant à votre corps le temps de s'adapter avant de lui demander plus d'effort. Si vous débutez en course à pied, cela peut commencer par des sorties courtes entrecoupées de marche. Vous pouvez répéter les mêmes séances pendant un certain temps avant de les allonger. Avec le temps, courir à cette intensité confortable devient plus naturel et vous pouvez prolonger vos sorties. La phase de base vous permet d'établir un volume d'entraînement que vous pouvez récupérer et reprendre ensuite, afin d'être prêt pour les exigences plus importantes de la phase de développement.Phase de progression :
C’est à cette étape que votre entraînement de base commence à s’intensifier. Vous pouvez prolonger certaines séances ou augmenter progressivement la distance parcourue au cours de la semaine. Selon l’événement que vous préparez, le plan peut également intégrer des séances plus exigeantes. Ces séances imposent à votre corps un nouvel effort auquel il doit s’adapter et vous aident à vous entraîner au type de course que votre objectif requiert. Il n’est pas nécessaire d’augmenter la distance à chaque séance. Vous pouvez conserver une distance habituelle pour certaines courses pendant qu’une autre s’allonge, vous laissant ainsi le temps de vous habituer au changement avant d’en ajouter.Phase de pointe :
C’est le moment où votre entraînement se rapproche le plus des exigences de l’épreuve que vous préparez. Pour une longue distance, cela peut inclure vos sorties d’entraînement les plus longues. Pour une épreuve plus courte, vous pouvez travailler des efforts plus proches de la course que vous effectuerez le jour J. Le travail effectué pendant les phases de base et de développement vous permet d’aborder ces séances en pleine forme. La phase de pointe ne signifie pas forcer à chaque sortie. Il s’agit de terminer la partie la plus exigeante du plan d’entraînement, puis de vous accorder le temps de récupérer avant l’épreuve.Phase de décharge :
Après le pic de forme, l'entraînement s'allège à mesure que l'événement approche. Vous continuez à courir, mais en réduisant la durée totale, notamment en raccourcissant les séances longues. Un plan peut inclure le maintien d'une allure légèrement plus rapide pour que ces efforts restent familiers. Réduire l'intensité peut paraître étrange à l'approche de l'événement, mais cela permet à votre corps de récupérer des semaines d'entraînement les plus intenses. L'objectif est d'arriver au départ en pleine forme, prêt à exploiter les efforts déjà fournis, plutôt que de subir encore la fatigue des séances.
Vous comprenez maintenant pourquoi deux plans d'entraînement pour une même distance peuvent différer. Ils peuvent présenter des séances d'entraînement plus ou moins difficiles différemment, ou emprunter un parcours différent à travers les phases d'entraînement. Les intitulés vous aident à comprendre l'objectif d'un plan. La question pertinente est de savoir si ses séances correspondent à votre niveau actuel et vous laissent le temps de progresser.
Comment mesure-t-on l'intensité de la course à pied ?
Une zone de course est une plage d'intensité utilisée pour décrire l'effort fourni. Vous avez peut-être déjà entendu quelqu'un dire qu'il court en zone 2, notamment en raison de la popularité de ce terme sur les réseaux sociaux. Ce chiffre provient d'un système de classification de l'effort en course à pied. Un modèle à trois zones, couramment utilisé dans la recherche sur l'exercice, situe les limites autour des premier et deuxième seuils de lactate. Un modèle à cinq zones divise l'effort en plages plus étroites, offrant ainsi au coureur un suivi plus précis de sa séance. Certains systèmes vont plus loin. Le modèle de Joe Friel, par exemple, divise sa zone la plus élevée en 5a, 5b et 5c. Chaque système divise la plage d'effort à sa manière.
C'est pourquoi la Zone 2 n'a pas toujours la même signification. Dans le modèle à trois zones, elle correspond à un effort modéré, tandis que dans de nombreux modèles à cinq zones, elle décrit une course facile. Lorsqu'on parle de zones, il est utile de savoir de quel système il s'agit. Votre corps ne change pas soudainement de fonctionnement lorsque votre montre passe d'une zone à l'autre. Les zones permettent d'organiser l'effort afin de comprendre ce qu'une séance exige de vous et de gérer l'équilibre de votre entraînement sur la semaine. Elles peuvent être estimées à partir de votre fréquence cardiaque ou de votre allure de course. Vous pouvez également évaluer l'effort en étant attentif à votre respiration et à la difficulté ressentie pendant la course. Chaque indicateur vous fournit une information différente. Comprendre ce qu'elles mesurent vous aidera à élaborer un plan d'entraînement sans avoir l'impression d'avoir besoin de chaque chiffre affiché par votre montre avant d'aller courir.
Fréquence cardiaque maximale
Votre fréquence cardiaque maximale, souvent abrégée en FC max, correspond au nombre maximal de battements par minute que votre cœur atteint lors d'un effort maximal. Un système de zones basé sur la FC max définit ses plages en pourcentage de cette valeur. Si la valeur initiale est imprécise, les limites des zones qu'il définit peuvent également l'être.
Vous avez peut-être déjà vu la formule « 220 moins votre âge » utilisée pour estimer la fréquence cardiaque maximale. Il s'agit d'une estimation approximative basée sur des données populationnelles, et donc pas suffisamment fiable pour définir des zones de fréquence cardiaque précises pour un coureur. Deux personnes du même âge peuvent avoir des fréquences cardiaques maximales très différentes. Si une zone calculée indique que vous courez trop vite alors que vous pouvez encore tenir une conversation, l'estimation est peut-être trompeuse. Fiez-vous à vos sensations pendant la course, en plus de vous fier à l'heure affichée par votre montre.
Fréquence cardiaque au seuil de lactate
La fréquence cardiaque au seuil lactique ( FCSL) est la fréquence cardiaque associée à un effort physique proche d'un second seuil lactique, mesuré ou estimé. Un coureur peut utiliser cette fréquence cardiaque pour définir ses zones d'entraînement en fonction de sa propre réponse à l'effort, plutôt que de se fier uniquement à un pourcentage de sa fréquence cardiaque maximale. Cela lui offre un point de départ plus personnalisé pour ses zones d'entraînement.
Un test en laboratoire permet de mesurer le lactate sanguin à mesure que l'effort augmente et d'identifier la fréquence cardiaque associée au seuil. Un test sur le terrain l'estime généralement à partir de votre fréquence cardiaque pendant une course soutenue, sans mesurer le lactate sanguin. Les deux méthodes peuvent fournir une indication utile, mais il ne s'agit pas de mesures équivalentes. La fréquence cardiaque est également influencée par des facteurs comme la chaleur et peut augmenter pendant une course, même si votre allure reste constante. Utilisez cette valeur en complément de votre ressenti de l'effort, plutôt que de la considérer comme l'unique indicateur de votre performance.
Rythme de seuil
L'allure au seuil est la vitesse de course associée à votre effort au seuil estimé, généralement exprimée en minutes par kilomètre ou par mile. À l'instar de la fréquence cardiaque au seuil lactique (LTHR), elle constitue un point de référence personnel pour définir vos plages d'entraînement, cette fois-ci en utilisant l'allure plutôt que la fréquence cardiaque. Un test en laboratoire permet d'identifier la vitesse associée à un second seuil mesuré. Un test sur le terrain ou une performance récente en compétition peuvent aider à l'estimer sans test en laboratoire. Cette estimation vous donne une allure de base pour vos séances d'entraînement ultérieures, plutôt qu'une vitesse exacte que votre corps doit maintenir systématiquement.
L'allure cible est facile à visualiser sur une montre, mais elle ne tient pas compte de tous les facteurs qui vous entourent. Courir en montée demande généralement plus d'effort à la même allure que courir sur du plat. Par temps difficile, maintenir une allure habituelle peut aussi paraître plus ardu. C'est pourquoi l'allure seuil est un indicateur de l'effort visé, plutôt qu'une vitesse que vous devez vous imposer quelles que soient vos sensations.
Le test de la parole
Le test de la parole vous permet de contrôler votre effort pendant la course. Si vous pouvez parler en phrases complètes, vous courez probablement à un effort modéré, souvent autour la zone 2 (sur une échelle de cinq). En accélérant votre effort et en vous approchant de la zone 3, vous aurez peut-être besoin de faire des pauses plus fréquentes pour reprendre votre souffle et de parler par phrases plus courtes. Lorsque vous ne pouvez prononcer que quelques mots, vous avez largement dépassé le stade d'une course permettant une conversation facile. Le test de la parole vous aide à identifier ces changements, même s'il ne permet pas de déterminer précisément la transition entre deux zones.
Essayez sur un parcours que vous connaissez bien et observez ce qui se passe lorsque vous accélérez légèrement. Inutile de parler à quelqu'un : prononcer une phrase à voix haute suffit pour vérifier si vous restez à l'aise pour parler. Votre fréquence cardiaque indique la réaction de votre cœur, tandis que votre allure indique votre vitesse de déplacement. Le test de la parole apporte un élément que ces chiffres ne peuvent pas montrer directement : si vous pouvez toujours parler confortablement à cet effort. Il est particulièrement utile lorsque vous apprenez à courir facilement et que la zone affichée par votre montre ne semble pas correspondre à votre respiration.
Taux d'effort perçu
L'échelle de Borg (ou échelle de perception de l'effort) attribue une valeur numérique à l'effort fourni, en fonction de votre ressenti. Sur une échelle de 1 à 10, une course facile, permettant de tenir une conversation, correspond à un RPE de 3 ou 4. Vous savez que vous faites de l'exercice, mais vous pouvez continuer à parler et vous maîtrisez votre respiration. Une séance plus intense, à un RPE de 7 ou 8, sera plus exigeante, même si vous courez sur le même parcours.
L'échelle de perception de l'effort (RPE) devient utile lorsque les conditions changent. Par exemple, vous pouvez courir plus lentement en montée tout en ayant l'impression de fournir plus d'effort. Ce ralentissement ne rend pas l'effort facile. Quantifier cet effort vous aide à décrire ce qui s'est réellement passé pendant la course et à vous adapter en cours de route. Vous pouvez commencer à utiliser la RPE dès votre première séance, puis ajouter les données de fréquence cardiaque ou d'allure plus tard si vous le jugez utile.
Ces indicateurs permettent de mieux comprendre votre travail. Si vous souhaitez découvrir comment ils servent à définir des zones et à guider différents types de course, l'article « Que sont les zones de course et comment fonctionnent-elles ? » approfondit le sujet.
Quels sont les différents types de sessions de course ?
Lorsque vous commencerez à consulter des plans d'entraînement, vous rencontrerez des noms de séances qui vous paraîtront peut-être étranges au premier abord. On peut parler de course au tempo, d'intervalles, et il est facile de se demander s'il faut faire les deux. Chaque terme désigne une manière différente d'utiliser son temps de course. Certaines séances permettent de maintenir un effort confortable plus longtemps. D'autres demandent de fournir un effort plus intense sur une partie de la course, entrecoupé de phases de récupération. Comprendre l'objectif de chaque séance vous aide à suivre un plan et à comprendre pourquoi vos courses ne se ressemblent pas toutes.
Sortie de récupération :
Plus douce qu'une sortie facile habituelle, elle est souvent décrite comme la Zone 1 d'un modèle à cinq zones. Certains coureurs l'utilisent comme séance supplémentaire entre deux séances plus exigeantes. L'objectif est de maintenir un effort modéré plutôt que de transformer une autre séance d'entraînement en un entraînement plus intense. Si vous débutez en course à pied, il n'est pas nécessaire d'ajouter des sorties de récupération simplement parce que vous les voyez dans le programme d'un autre coureur.
Course facile :
Vous courez à une allure que vous pouvez contrôler, tout en restant capable de converser. Une course facile vous permet de vous installer confortablement dans votre séance sans avoir l’impression de devoir forcer le rythme pour la rendre efficace. La sensation de course facile varie d’un coureur à l’autre et peut évoluer au fil de votre entraînement. Dans un modèle à cinq zones, on parle généralement de zone 2 .Course à allure soutenue :
Une course à allure soutenue correspond généralement à la zone 3 d’un modèle à cinq zones. Elle exige un effort soutenu et modéré que vous pouvez contrôler. Vous devez être conscient(e) que vous travaillez plus intensément que lors d’une course facile, mais l’objectif est de maintenir cet effort plutôt que de faire la course. Les entraîneurs n’utilisent pas tous le terme « allure soutenue » exactement de la même manière ; consultez donc les instructions relatives à l’effort dans le plan que vous suivez.Course au seuil :
La course au seuil exige un effort soutenu mais contrôlé, maintenu pendant une durée limitée, généralement autour de la zone 4 d'un modèle à cinq zones. Une séance peut être divisée en intervalles, entrecoupés de phases de récupération. Ces phases de récupération permettent de récupérer avant de reprendre l'effort soutenu.Séance VO2 max :
Cette séance alterne des intervalles intenses et répétés avec des phases de récupération active. Par exemple, un programme peut vous demander de courir à haute intensité pendant trois minutes, de récupérer pendant deux minutes et de répéter ce schéma plusieurs fois. La récupération vous permet d'aborder la prochaine phase intense, tandis que les efforts répétés vous permettent de maintenir une intensité élevée plus longtemps qu'en une seule fois. Dans un modèle à cinq zones, ces phases intenses se situent généralement autour de la zone 5.Cette zone couvre une gamme d'efforts soutenus et les intervalles répétés peuvent vous amener à vous rapprocher de votre VO2 max, le débit maximal auquel votre corps peut consommer et utiliser l'oxygène lors d'un exercice intense. Une brève mesure en zone 5 ne prouve pas que vous avez atteint ce maximum et un sprint à bout de souffle ne constitue pas automatiquement le même type de séance.Séance d'intervalles :
Une séance d'intervalles alterne des périodes de course avec des périodes d'effort plus léger ou de repos. Les phases de course n'ont pas besoin d'être toutes très intenses. Il peut s'agir de courses courtes avec des pauses marche en début de séance, ou de répétitions plus rapides dans un plan d'entraînement ultérieur. Vérifiez la durée et l'intensité de chaque phase. Le terme « intervalle » décrit la structure de la séance, et non une vitesse particulière.Course Fartlek :
Le fartlek, qui signifie « jeu de vitesse » en suédois, consiste à varier son allure sur de courtes portions, puis à ralentir avant d’accélérer à nouveau. L’objectif est de rendre la course plus ludique et moins structurée qu’une séance chronométrée. Vous pouvez, par exemple, courir plus vite jusqu’à un point de repère sur votre parcours, puis ralentir et en choisir un autre lorsque vous vous sentez prêt. Cette méthode permet de travailler la variation d’effort tout en prenant plaisir à courir, sans que chaque portion plus rapide ait à couvrir une distance précise.Entraînement en côte :
Il s'agit de monter plusieurs fois, avec une descente plus facile ou une pause entre chaque montée. Chaque montée sollicite davantage vos jambes que sur terrain plat à la même allure. Répéter cet exercice vous permet de vous entraîner à produire de la force en courant et vous prépare aux côtes que vous pourriez rencontrer sur un parcours ou lors d'une compétition. Une montée courte et rapide et une montée plus longue et contrôlée sollicitent différemment vos jambes ; vérifiez donc l'effort demandé par la séance. La descente vous donne le temps de récupérer avant de remonter.Sortie longue :
Une sortie longue vous permet de courir plus longtemps que lors de vos séances habituelles. La durée de la sortie est relative à votre entraînement actuel. Elle peut être modeste au début et beaucoup plus longue lors de la préparation d'un marathon. Son nom indique comment elle s'intègre à votre programme hebdomadaire, et non la distance que chaque coureur doit parcourir.
Il n'est pas nécessaire d'intégrer tous les types de séances à votre programme d'entraînement hebdomadaire. Des sorties courtes et adaptées vous permettent de débuter, et d'autres types de séances deviendront utiles au fur et à mesure de votre progression. Lorsqu'une séance figure dans un plan d'entraînement, observez l'intensité de l'effort et sa durée. Ces informations sont plus pertinentes que le simple nom de la séance.
Comment les coureurs augmentent-ils leur volume d'entraînement ?
La quantité de course à pied que vous effectuez sur une semaine constitue votre volume d'entraînement. Au début, cela peut correspondre à trois courtes sorties entrecoupées de marche. À mesure que la course devient plus naturelle, vous pouvez augmenter progressivement la durée de vos séances, mais c'est le volume total de la semaine qui compte. Ajouter dix minutes à une sortie représente un changement différent de dix minutes à chaque sortie. Vous entendrez peut-être aussi les coureurs parler de fréquence, c'est-à-dire le nombre de jours où ils courent. Une quatrième séance augmente votre volume et offre à votre corps une journée supplémentaire d'entraînement. Considérer la semaine dans son ensemble vous permet de visualiser les progrès réalisés avant de décider des prochains ajouts à votre programme.
Un plan d'entraînement permet souvent d'augmenter progressivement la distance parcourue sur une séance, tandis que les autres restent stables. Vous pouvez ainsi vous familiariser avec les séances plus longues sans que chaque sortie ne vous demande plus d'efforts d'un coup. Certaines semaines, vous pouvez répéter la même distance, ce qui vous donne l'occasion de la gérer avant d'aller plus loin. L'intensité de ces courses est également importante. Parcourir la même distance à un rythme plus soutenu vous permettra de mieux récupérer. Vous trouverez peut-être le conseil de ne pas augmenter votre volume de course de plus de 10 % par semaine, mais ce chiffre ne vous indique pas ce que votre corps est capable de gérer. Observez vos sensations tout au long de la semaine et votre récupération avant d'augmenter la distance.
Pourquoi les jours de repos font-ils partie de l'entraînement ?
Courir oblige votre corps à s'adapter, et cette adaptation se poursuit après l'effort. Dans les heures qui suivent, les glucides de votre alimentation contribuent à reconstituer le glycogène, la réserve énergétique utilisée par vos muscles pendant la course. Vos muscles produisent également des protéines qui réparent et renouvellent leurs structures, tandis que les tissus environnants réagissent aux contraintes répétées. Les tendons renouvellent le collagène qui leur permet de transmettre la force, et leur capacité évolue au fil des entraînements et des phases de récupération. Ces processus prennent du temps et ne s'arrêtent pas lorsque votre respiration se calme ou que vos jambes ne sont plus fatiguées. Une journée sans course à pied réduit les contraintes imposées à votre corps, tandis que ce travail se poursuit. Associée à une alimentation et un sommeil suffisants, elle favorise la récupération entre les séances, vous permettant ainsi de continuer à vous entraîner et d'améliorer progressivement votre capacité à courir.
La quantité de récupération nécessaire dépend aussi de votre environnement. Une journée de travail chargée ou plusieurs nuits blanches peuvent vous épuiser avant même d'enfiler vos chaussures. Prendre un jour de repos vous permet de gérer cette fatigue et vous offre une pause mentale bienvenue avant d'enchaîner avec une nouvelle séance. Vous pouvez marcher ou faire de l'exercice doux si cela vous convient, sans pour autant transformer cette journée en une nouvelle séance d'entraînement. Une course de récupération facile, même légère, génère de l'impact et dépense de l'énergie ; elle ne remplace donc pas un jour de repos complet. L'objectif est de vous accorder une récupération suffisante pour être prêt pour la prochaine séance. Explorez la différence entre récupération active et passive pour comprendre comment intégrer des mouvements doux et du repos entre vos entraînements.
Que se passe-t-il pendant une semaine de convalescence ?
Une semaine de récupération permet de réduire le volume d'entraînement après une phase de montée en puissance. Vous pouvez continuer à courir aux jours habituels, mais les séances seront plus courtes et les efforts plus intenses pourront être réduits, voire supprimés. C'est important car la fatigue peut se prolonger d'une séance à l'autre, même si chaque course semble facile individuellement. À mesure que les semaines deviennent plus exigeantes, un jour de repos entre les entraînements risque de ne pas suffire à vous permettre de retrouver la même fraîcheur qu'au début. Réduire la charge d'entraînement pendant quelques jours donne à la fatigue accumulée le temps de se dissiper, tout en vous permettant de continuer à courir régulièrement. Avec une alimentation et un sommeil suffisants, votre corps peut reconstituer ses réserves d'énergie et poursuivre la réparation et l'adaptation amorcées par les séances précédentes, avec une charge d'entraînement allégée. Ces processus se déroulent tout au long de l'entraînement. Une semaine de récupération leur offre un espace optimal en vous sollicitant moins pendant un certain temps.
Vous remarquerez peut-être la différence progressivement, plutôt que de vous sentir revigoré après la première sortie plus courte. Vos jambes seront peut-être moins lourdes au fil de la semaine, ou un effort facile et familier vous semblera de nouveau agréable. Il n'est pas nécessaire de tester cette amélioration en courant plus vite ou en réintégrant la distance réduite. Se sentir mieux fait partie des objectifs de cette réduction, et une semaine plus légère vous permettra de prolonger ce bienfait pour la prochaine étape. Les programmes d'entraînement incluent souvent une semaine de récupération toutes les trois ou quatre semaines, mais votre corps n'est pas tenu de suivre ce calendrier à la lettre. Si l'entraînement est devenu inhabituellement difficile ou si votre vie personnelle vous laisse moins de temps pour récupérer, vous pouvez avancer une semaine plus légère. Si vous arrivez à la fin de cette semaine encore fatigué, accordez-vous plus de récupération avant de reprendre l'entraînement. La prochaine augmentation doit être adaptée à votre capacité de récupération, et non pas simplement dictée par le programme. Pour découvrir comment intégrer une semaine plus légère à votre entraînement, consultez la section « Comment fonctionnent les semaines de récupération en course à pied ».
Qu'est-ce qu'une période de préparation avant une course ?
Une phase de décharge consiste à réduire progressivement l'entraînement avant une compétition. Son but est de vous permettre d'aborder la compétition après avoir récupéré de la fatigue accumulée lors des semaines d'entraînement les plus intenses. Vous pouvez continuer à courir pendant cette phase. Les séances sont généralement plus courtes et le plan ne vous demande plus de prouver que vous êtes capable de parcourir une nouvelle distance d'entraînement maximale. Vous avez déjà accompli le travail qui vous a mené jusqu'ici.
Une semaine de décharge et une semaine de récupération peuvent se ressembler sur un calendrier, car toutes deux impliquent une réduction de l'effort. Leur place dans le plan d'entraînement explique leur raison d'être. Une semaine de récupération s'intercale entre des périodes d'entraînement dont la charge de travail continue de progresser. Une semaine de décharge précède l'épreuve pour laquelle vous vous êtes préparé. La durée et le déroulement d'une semaine de décharge varient selon la distance et l'athlète ; par conséquent, reproduire les dernières semaines d'entraînement d'un autre coureur ne sera peut-être pas adapté à votre propre préparation.
Comprendre l'alimentation et l'hydratation pour la course à pied
Courir demande de l'énergie. Une partie provient des glucides, que votre corps stocke dans vos muscles et votre foie sous forme de glycogène. On trouve également des glucides dans les aliments courants et dans les produits que les coureurs emportent lors des longues sorties. Un gel ou une barre énergétique est une façon simple et rapide de consommer des glucides pendant l'effort. C'est un format pratique pour certains coureurs, mais pas une nécessité. Au fil des séances, vous aurez davantage l'occasion d'observer l'influence de votre alimentation avant et pendant l'effort sur votre ressenti. L'entraînement vous permet d'identifier ce qui est pratique et confortable avant une compétition.
On perd également des liquides par la transpiration. La quantité perdue varie selon les conditions et le coureur. S'hydrater, c'est maintenir un équilibre hydrique adéquat, et non boire le plus possible. Les électrolytes sont des minéraux qui transportent une charge électrique dans le corps. Le sodium est l'électrolyte le plus souvent mentionné dans les boissons pour coureurs, car il est éliminé par la transpiration. Cela ne signifie pas pour autant que chaque sortie nécessite une boisson électrolytique, ni qu'un seul plan de boisson convient à tous les coureurs. Les séances d'entraînement plus longues sont l'occasion d'être attentif à ce que l'on boit et à ses effets. Boire beaucoup plus que nécessaire pendant une longue épreuve peut également causer des problèmes ; c'est une raison supplémentaire d'éviter les conseils rigides, déconnectés du coureur et des conditions.
Quand l'entraînement devient-il excessif ?
Se sentir fatigué après une course intense ne signifie pas forcément être en surentraînement. Une séance plus difficile sollicite davantage votre corps qu'une séance plus facile ; une certaine fatigue est donc normale. L'important est qu'elle disparaisse après la récupération et que vous puissiez reprendre votre entraînement habituel. Si vos séances habituelles vous paraissent systématiquement plus difficiles malgré un temps de récupération suffisant, il est peut-être temps de revoir l'équilibre entre entraînement et récupération. Comprendre les termes ci-dessous vous aidera à faire la différence entre une fatigue normale et un problème qui nécessite plus qu'un simple jour de repos.
Fatigue aiguë :
Après une sortie plus intense ou une semaine d’entraînement plus chargée que d’habitude, vos jambes peuvent être fatiguées et un rythme habituel peut sembler plus difficile à maintenir. Cette brève fatigue est une réaction normale à l’entraînement. Accordez-vous le temps de récupérer ; elle s’atténuera généralement en un jour ou deux. L’entraînement et la récupération permettent à votre corps de mieux gérer l’effort. Il n’est pas nécessaire de se sentir plus fort après chaque sortie pour que l’entraînement soit bénéfique.Surentraînement fonctionnel :
Après un cycle d'entraînement particulièrement intense, il se peut que vous ne puissiez plus courir à votre niveau habituel, même en essayant. Il ne s'agit pas simplement d'une sensation de fatigue après une séance difficile. Avec une récupération suffisante, les performances reviennent généralement en une à deux semaines et peuvent même dépasser leur niveau d'avant le cycle. Cette amélioration n'est cependant pas garantie. Vous pouvez devenir un coureur plus performant sans forcer délibérément votre entraînement au point de voir vos performances chuter ; le surentraînement fonctionnel n'est donc pas un objectif pour un débutant.Surentraînement non fonctionnel :
Si un entraînement intensif se poursuit sans récupération suffisante, la baisse de performance peut durer bien plus longtemps que la simple fatigue ressentie après une semaine d'efforts intenses. Vos courses habituelles peuvent vous paraître anormalement difficiles et quelques jours de récupération ne suffisent pas toujours à retrouver votre niveau habituel. Contrairement au surentraînement fonctionnel, ce type de surentraînement n'entraîne aucune amélioration après une courte pause. La récupération peut prendre des semaines, voire des mois ; il est donc important de prêter attention aux difficultés persistantes rencontrées malgré une réduction de l'entraînement. Il peut être difficile d'identifier la cause de ce changement sur le moment ; une baisse de performance durable mérite donc une analyse approfondie plutôt qu'une nouvelle séance d'entraînement intensive.Syndrome de surentraînement :
Il s’agit d’un problème rare et beaucoup plus durable qu’une simple fatigue après une période d’entraînement intense. Les performances d’un coureur restent inférieures à leur niveau habituel pendant des mois, malgré une réduction de l’entraînement, souvent accompagnées d’une fatigue persistante ou de changements d’humeur. Le stress lié à l’entraînement peut être un facteur, mais les chercheurs estiment qu’il n’explique pas tous les cas à lui seul. De plus, un coureur ne passe pas nécessairement par tous les types de surentraînement avant de développer ce syndrome. La maladie, une alimentation inadéquate et d’autres problèmes de santé pouvant également affecter les performances, le syndrome de surentraînement nécessite une évaluation médicale approfondie plutôt qu’un diagnostic basé sur un seul symptôme. La récupération peut prendre plusieurs mois ; il est donc important de prendre au sérieux, dès les premiers signes, une baisse durable des performances.Déficit énergétique relatif dans le sport (RED-S) :
Bien qu’il ne soit pas lié au surentraînement, le RED-S mérite d’être compris car il peut également entraîner fatigue et difficultés lors de séances d’entraînement habituellement réalisables. Il se développe lorsque l’énergie apportée par l’alimentation ne suffit pas à couvrir les besoins énergétiques de l’entraînement sur une durée suffisante, laissant ainsi trop peu d’énergie pour répondre aux autres besoins de l’organisme. Il peut affecter tous les coureurs et avoir des répercussions possibles sur la santé osseuse et l’équilibre hormonal. Ses symptômes peuvent être similaires à ceux du surentraînement ; une baisse durable des performances ne doit donc pas être systématiquement imputée à un entraînement trop intensif. Il est important d’évaluer son alimentation afin de s’assurer qu’elle est adaptée à la course à pied et de prendre en compte les exigences de son entraînement.
Ces durées de récupération sont des indications générales et non des échéances strictes pour déterminer le diagnostic. Il n'est pas nécessaire de suivre chaque étape dans l'ordre ni d'attendre un diagnostic avant de réduire un entraînement dont vous avez du mal à récupérer. Prenez en compte l'impact de vos obligations et de votre sommeil sur votre condition physique, en plus de la course à pied elle-même. Si la fatigue persiste malgré la réduction de l'entraînement et le temps de récupération, consultez un médecin plutôt que de forcer. Si vous vous sentez mal ou si une douleur s'aggrave pendant la course, arrêtez immédiatement votre séance. entre le surentraînement et le surmenage en course à pied et l'importance du temps de récupération,
FAQ : Termes de course à pied sur route que vous pourriez rencontrer
Que signifie la cadence de course ?
La cadence correspond au nombre de pas effectués par minute en courant. Une montre peut l'afficher automatiquement. Elle varie selon votre accélération ou votre ralentissement, et les coureurs n'ont pas tous besoin de viser une valeur précise. Visualiser sa cadence est différent de se voir imposer une modification. Si vous souhaitez analyser votre foulée, sachez que cette valeur n'est qu'un élément d'information parmi d'autres, et non une description complète de votre foulée.
Qu'est-ce qu'un split négatif en course à pied ?
Un « negative split » signifie parcourir la seconde moitié d'une course plus rapidement que la première. Par exemple, quelqu'un qui court les cinq premiers kilomètres d'un 10 km plus lentement que les cinq derniers réalise un « negative split ». Cela peut indiquer un départ contrôlé, mais ce n'est pas indispensable pour bien terminer une distance. Pour un débutant, l'idée principale est de comprendre ce qui se passe lorsqu'on conserve suffisamment d'énergie pour la fin de la course.
Qu'est-ce que l'économie en fonctionnement ?
L'économie de course décrit l'énergie nécessaire pour courir à une vitesse donnée. Deux coureurs peuvent avoir une capacité maximale d'utilisation de l'oxygène similaire et pourtant dépenser des quantités d'énergie différentes en courant à la même allure. Cela explique pourquoi un seul indicateur de performance ne suffit pas à décrire pleinement la performance d'un coureur. L'économie de course est mesurée dans des conditions contrôlées ; on ne peut donc pas déduire un score d'économie précis simplement en observant la fluidité de la foulée.
Puis-je m'inscrire à un club de course à pied si je suis débutant ?
Oui. De nombreux clubs proposent des séances pour les coureurs débutants, mais il est conseillé de se renseigner sur le programme d'un groupe en particulier avant de s'y inscrire. Demandez quelle distance le groupe parcourt habituellement et si les pauses marche sont autorisées. Cela vous permettra de mieux évaluer si la séance correspond à votre niveau actuel. Vous n'avez pas besoin d'attendre d'avoir atteint un certain rythme pour apprécier la course à pied en groupe.
Que sont les foulées en course à pied ?
Les accélérations sont de courtes séquences de course plus rapide où l'on augmente progressivement sa vitesse tout en restant détendu. On ralentit ensuite et on se donne le temps de récupérer avant la prochaine. Elles peuvent être intégrées après une sortie facile ou avant une séance plus intense. Elles permettent de s'entraîner à courir plus vite sans que toute la sortie ne devienne un effort intense.
Qu'est-ce qu'une progression run ?
Une course progressive commence à une allure modérée et s'accélère progressivement. Vous pouvez débuter à un rythme qui vous permet de parler confortablement, puis augmenter l'effort une fois que vous aurez trouvé votre rythme. L'arrivée doit rester contrôlée et non pas être un sprint final. Contrairement à un negative split, qui ne compare les deux moitiés de course qu'après coup, une course progressive est conçue pour augmenter l'effort pendant l'effort.
Qu’est-ce que la dérive de la fréquence cardiaque en course à pied ?
La dérive de la fréquence cardiaque se produit lorsque votre fréquence cardiaque augmente progressivement même si vous courez à une allure relativement constante. Ce phénomène est plus perceptible au fil de la course, surtout par temps chaud. Votre cœur peut pomper un peu moins de sang à chaque battement et battre plus fréquemment pour compenser l'effort et la chaleur. Cette augmentation de la fréquence cardiaque ne signifie pas que vous avez accéléré, mais elle indique que le même rythme vous demande plus d'effort qu'au départ.
Réflexions finales
La course à pied est une source d'apprentissage inépuisable, mais il n'est pas nécessaire de tout maîtriser pour y prendre plaisir. On peut comprendre le principe d'une zone d'entraînement sans même connaître son seuil cardio-vasculaire. On peut saisir l'utilité d'une semaine de récupération dans un plan d'entraînement avant même d'avoir participé à une compétition. Chaque notion prend tout son sens lorsqu'on l'applique à sa propre pratique.
Plus vous courrez, plus vous reviendrez sur les idées qui ont pris tout leur sens pour vous. Les termes qui vous paraissaient obscurs au début commenceront à décrire ce que vous avez ressenti sur la route. Vous comprendrez pourquoi une séance vous invite à ralentir et une autre à intensifier votre effort. Cette compréhension vous permettra de mieux maîtriser votre progression en course à pied, quel que soit votre objectif.
Consultez toujours un professionnel de la santé ou un entraîneur certifié avant d'entreprendre un nouveau programme d'entraînement. Les informations fournies sont à titre informatif seulement et ne remplacent pas un avis personnalisé.